Les tumuli

Des tombes privilégiées et grandioses  

                        
                                              Le tumulus de Glimes


Monticules de terre d’ampleur variable, les tumuli ont été érigés pour couvrir une sépulture, le plus souvent enfouie sous le niveau du sol. La Civitas Tungrorum (Cité des Tongres) - territoire qui inclut la Hesbaye donc notre région -, en compte un nombre particulièrement élevé mais n’en a pas l’exclusivité, puisque ces tertres se rencontrent dans toutes les provinces du nord de l’Empire romain.

Erigés au cours du Haut Empire, (2e moitié du Ier s. av. J.-C. à la 1ère moitié du IIIe s.), mais surtout durant le IIe siècle, ces tumuli bien souvent imposants sont fréquemment imposés le long des axes routiers, sur des promontoires naturels, afin d’être vus de loin. Symboliquement, leur masse signifie le rang élevé et le pouvoir du défunt qu’ils abritent. Ceux de Glimes et d’Hottomont sont chez nous les plus connus - et les mieux conservés -, mais ils n’étaient pas les seuls.

Depuis toujours, les tumuli ont éveillé la curiosité de leurs contemporains, suscitant de multiples intrusions ou pillages. C’est à partir de la seconde moitié du XIXe s. que les tumuli ont fait l’objet de "fouilles" dont le principal attrait était de découvrir un éventuel mobilier, au détriment d’une connaissance approfondie des pratiques funéraires. Par ailleurs, dans un contexte militaire, leur fonction stratégique n’était pas mince, comme celle de la chaussée Brunehaut : promontoire qui permettait un tour d’horizon visuel pour les tumuli, et axe de pénétration pour l’ancienne voie romaine.


Destination des Tumuli

Bien que des récits légendaires aient ancré l’attribution des tumuli à des chefs militaires, ces tertres signalent en réalité la tombe à incinération d’un riche propriétaire terrien - ou celle de sa femme -, qui était peut-être un ancien légionnaire romain démobilisé et installé dans nos régions. De fait, la relation entre tumulus et villa implantée dans son environnement immédiat a souvent été mise en évidence ; il en est ainsi à l’Ecluse. Le mobilier funéraire est souvent riche, plutôt civil et d’usage quotidien.


Physionomie ancienne des tertres

Leur apparence ancienne devait prendre la forme d’un cône simplement piqué d’un arbre - à la manière, depuis peu, de celui de Glimes -, d’un mât ou d’une pomme de pin sculptée, et non revêtir cette silhouette hérissée de bois à l’instar de celui d’Hottomont.
Certains tumuli, comme ceux de Glimes et d’Hottomont, étaient circonscrits d’un muret périphérique, permettant de définir aisément le diamètre du tumulus. Pour les deux tumuli précités, il mesure 50 m approximativement. Une estimation du volume de terre montre que quelque 6000 m3 ont été empilés par paliers successifs soigneusement damés. D’autres sont aujourd’hui de taille plus réduite, comme ceux d’Herbais et de l’Ecluse, et ne sont pas équipés d’un mur circulaire périmétrique.


Rites funéraires

En matière de pratiques funéraires, l’incinération était de mise chez les romains du moins jusque entre la fin du IIe s. et le début du IIIe s., bien qu’il y ait des différences entre milieu rural et urbain. Dans ce rite, une distinction s’opérait entre deux procédés : le bustum, sur lequel était incinéré le défunt et qui lui tenait lieu de sépulture et l’ustrina, lieu d’incinération d’où étaient retirés les résidus calcinés pour les inhumer ailleurs et éventuellement les disposer dans une urne.
Sépulture et mobilier funéraire n’étaient pas systématiquement centrés sous le tertre. Ils pouvaient être disposés dans un caveau enfoui à une profondeur très variable : seulement 0,60 m à Glimes contre 1,70 à Herbais. Celle-ci pouvait aller jusqu’à 4 m ailleurs.

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