Terre d'églises

Un semis d’édifices sacrés

   Eglise Saint-Médard à Jodoigne                                    Eglise Saint-Médard Jodoigne

Bien que remaniées au fil du temps, les églises de la Hesbaye brabançonne présentent toutes une origine médiévale commune et les spécificités architecturales du style roman.

Une multitude de tours et d’églises romanes

Les exemplaires conservés foisonnent : Tourinnes-la-Grosse, Zétrud, Roux-Miroir, Bomal, Mont-Saint-André, Geest-Gérompont, Grand-Rosière, Folx-les-Caves, Jandrain, Marilles, Noduwez, Linsmeau et Neerheylissem. Elles datent pour la plupart probablement des XIe et XIIe siècles bien que certaines puissent être un peu plus jeune et dater du XIIIe siècle.
De manière générale, elles sont bâties sur un plan quadrangulaire. Leurs murailles sont épaisses, fermement garanties en pied par une base massive, qui diminue progressivement au fil de l’élévation, ce qui produit leur élévation caractéristique. Les ouvertures sont toujours chiches et réparties parcimonieusement mais s’agrandissent lorsqu’elles deviennent inaccessibles. Le premier niveau, voûté, ne dispose jamais d’entrée extérieure et n’est accessible que depuis l’intérieur de l’édifice.

Un rôle particulier pour ces tours

Ces tours jouaient un rôle du "donjon collectif" ; lorsque la population était inquiétée, elle courait s’y réfugier et y patientait, à l’abri derrière ces épais et hermétiques murs. Cette vocation civile semble être confirmée par l’absence d’escalier fixe et de portail ainsi que les parcimonieux percements.
Signal dans le paysage, la tour survécut fréquemment aux autres parties de l’église. Il faut dire qu’elle paraît bel et bien inébranlable, matériellement évidemment mais aussi symboliquement, agissant comme repère identitaire du village.
Parmi toutes ces églises d’origine romane, Saint-Martin et Sainte-Adèle d’Orp-le-Grand se singularisent nettement. Ici, la simple tour qui se rencontrait ailleurs acquiert des dimensions allant de pair avec l’exceptionnelle qualité du bâtiment, d’une envergure atypique pour les besoins et les moyens financiers d’un village médiéval. Il faut dire que l’édifice avait jadis eu le rang d’abbatiale, ce qui expliquerait son inhabituelle complexité et ses multiples particularités dont l’existence d’un transept et d’une crypte.
 
 Eglise Saint-Martin à Tourinnes-la-Grosse                        Eglise Saint-Martin Tourinnes

Une plus timide production gothique

Au début du XIIIe siècle, le "virage" gothique est initié par les Hospitaliers de la Saint-Jean de Jérusalem, institution phare qui fait procéder à la reconstruction de l’église Saint-Médard à Jodoigne. L’édifice est d’une qualité remarquable, sans équivalent sur le territoire. Mais d’autres réalisations méritent d’être épinglées comme les parties orientales de l’église Saint-Martin de Tourinnes-la-Grosse ou de Saint-Pierre à Sainte-Marie-Geest sont les exemples d’un style gothique naissant. D’autres témoins du style gothique, plus tardifs - volontiers des XVe et XVIe siècle - ne concernent que des parties de bâtiments et spécialement le choeur. Ceux des églises Saint-Martin de Marilles, Saint-Aubain d’Opprebais, Notre-Dame d’Orp-le-Petit, Saint-André de Mont-Saint-André, Saint-Lambert de Nodrenge sont exemplatifs du genre.


De multiples (re)constructions "classiques"

A l’instar du Moyen-Age, le XVIIIe siècle apparaît comme une période faste en matière de production architecturale ce qui explique les multiples reconstructions d’églises qui émaillent le territoire.
Comprises entre 1755 et 1794, celles-ci peuvent être partielles - Linsmeau, Folx-les-Caves, Jandrain, Jauchelette, Mont-Saint-André, Zétrud, Boma, Marilles, Noduwez... - ou intégrales - Saint-Rémy-Geest, Mélin, Petit-Rosière, Huppaye, Piétrain, Lathuy, Jauche, Maret, Incourt. Régulièrement, ces reprises incluent un agrandissement, confirmant une augmentation de population qui ouvrit une période d’intenses "rafraîchissements" des édifices. La brique y règne en maître, en combinaison avec la pierre qui souligne les angles et les ouvertures.
Cette mise au goût du jour passe par l’adoption d’éléments caractéristiques tels que la colonne dite "toscane", la voûtaison en lattis, ou l’habillage en stuc des structures intérieures ou encore l’existence de lambris. Le vocabulaire classique s’introduit progressivement dans les ornements, ainsi les rocailles d’esprit Louis XV de Saint-Barthélémy à Zétrud, ou le décor Louis XVI, plus strict et géométrique, de Saint-Pierre à Folx-les-Caves.

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