Pierres et carrières

De Fabuleuses Ressources

Quartzite de Gobertange   Pierre
Quartzite et Pierre de Gobertange

En matière de pierres à bâtir, ou plus simplement de carrières, le territoire des six communes dispose d’un sous-sol riche et diversifié, dont les ressources ont très tôt été mises à contribution. L’une d’entre elles, la pierre dite "de Gobertange", bénéficie d’ailleurs d’une notoriété hors pair. Mais parallèlement à ce matériau emblématique qui fait, à raison, la fierté de toute la région, d’autres pierres ont été extraites plus ou moins intensivement, en fonction des nécessité, avec un bonheur variable.

Ces différentes pierres sont principalement la craie, le tuffeau (dit "de Linsmeau"), le quartzite (dit "d’Opprebais" ou "de Dongelberg"), le grès quartzitique (dit "d’Huppaye"), le silex, le grès ferrugineux, et bien sûr l’incontournable calcaire gréseux (dit "pierre de Gobertange").

La gamme chromatique est principalement constituée de tons clairs et chauds, comme l’est celle de la pierre de Gobertange. L’appellation "Pays blanc" qualifie donc fort justement une aire géographique dont la tonalité est principalement dominée par cette pierre de couleur claire.

La Pierre de Gobertange

Eglise de Tourinnes-la-Grosse
Eglise de Tourinnes-la-Grosse

A tout seigneur, tout honneur ! Symbole de toute une région, la pierre de Gobertange incarne un fort sentiment identitaire et affectif tant elle est représentative du paysage architectural du territoire. Mais ce matériau est aussi emblème de celui-ci hors de "ses frontières", par la solide réputation qu’il a acquise grâce aux bâtisseurs médiévaux, qui l’ont extrait et exporté. Toutefois, son utilisation est bien plus ancienne encore.

Sa belle couleur blanche à jaunâtre, qui peut tirer vers le rose ou le gris, et apparaître éventuellement veinée de "rouille", en fait une pierre très prisée, appréciée pour la chaleur de ses tonalités. Plus objectives sont ses qualités techniques : cette pierre est facile à débiter et propice à la taille, d’une résistance satisfaisante quoique sensible à la pollution, surtout en milieu urbain.

Son extraction débuterait à la période romaine mais une véritable activité extractive, avec circulation effective de la pierre, ne serait apparue qu’au Moyen-Age. Dans ce domaine, les institutions ecclésiastiques médiévales pourraient avoir joué un rôle primordial. 

Le XIXe siècle fut lui aussi propice à l’expansion de l’activité extractive qui se pratiqua alors aussi à ciel ouvert, notamment dans le cadre de la production de pavés. Aujourd’hui, après un essai de relance des activités en première moitié du XXe siècle, seule une carrière subsiste, à Hussompont.

Le grès dit "d’Huppaye", le grès ferrugineux, le quartzite dit "de Dongelberg", le tuffeau, le silex et la craie

Extrait dès le XVIIIe siècle, le grès d’Huppaye est très présent dans cette localité mais aussi à Molembais-Saint-Pierre, à Marilles ou à l’extrémité de Zétrud-Lumay, en direction de Tirlemont (liste non exhaustive). Utilisé comme pierre à bâtir dans un premier temps, ce grès très dur et résistant va générer une production intensive de pavés, poussée par l’essor de l’industrialisation du XIXe siècle.

De couleur brune ou rougeâtre à rouille, le grès ferrugineux est relativement fragile à sa sortie de carrière - elle se scie facilement mais durcit à l’air. Certains gisements existaient à Tourinnes-la-Grosse où quelques constructions l’ont mise en œuvre mais systématiquement en combinaison avec d’autres matériaux. C’est le cas à l’église Saint-Martin ou au presbytère en vis-à-vis de celle-ci.

L’extraction du quartzite "de Dongelberg" est fort ancienne, ce dont témoignent plusieurs constructions environnantes comme par exemple, le donjon-porche de l’exceptionnel château-ferme d’Opprebais (XIIe, peut-être fin XIIe). L’intensification de son exploitation est intervenue plus tardivement, à partir du XVIIIe siècle, motivée par l’amplification des infrastructures routières. C’est ainsi que l’axe Namur-Louvain (1754-1755) vit engloutir un nombre incalculable de pavés.

Enfin, de couleur jaunâtre à grise, le tuffeau est une pierre tendre qui se raye à l’ongle et qui est caractéristique des habitations des villages d’Hélécine. Bien que de qualité relativement médiocre comme pierre à bâtir, les anciens l’ont toutefois mis en oeuvre : les murailles des villae gallo-romaines en témoignent à Autre-Eglise, Jandrain-Jandrenouille, Linsmeau, Neerheylissem...

Le silex et la craie vont souvent de pair, du moins en carrière, où ils font corps. Plusieurs puits d’extraction et ateliers de taille néolithiques (5000 av. J.-C.) ont été mis à jour à Jandrain mais aussi à Orp-le-Grand et à Enines. Cette pierre est essentiellement présente en construction en pied de murailles, sur le territoire de l’entité d’Orp-Jauche. Quant à la craie - matériau très fragile et très peu utilisé en construction - il s’en trouve essentiellement à Folx-les-Caves, extraite des célèbres carrières souterraines improprement qualifiées de grottes. Riche en calcium et constituant un excellent engrais, c’est en fait surtout à l’activité marnière que cette pierre fut destinée car propice à la fertilisation des limons argileux.

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 Pierres, carrières (détails)

 

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