L’entrée des logis hesbignons

L’entrée des logis hesbignons.

Entrée logis

Une "vitrine" du commanditaire

Il n’est pas rare que le logis hesbignon soit équipé d’une porte principale particulièrement distinguée, que le maître des lieux aura certainement souhaitée "à la mode", et qui pourrait être qualifiée stylistiquement de "baroque". Il en existe toute une panoplie dont les variantes se lisent souvent dans les détails. Une constante néanmoins : elles se trouvent presque toutes être réalisées en pierre de Gobertange.

Entrée logis hesbignons

Evolution au fil des siècles

Au XVIIe s. et en 1ère moitié du XVIIIe siècle.

L’origine de certains motifs se trouve dans des réalisations du XVIe s. "tardo gothiques" qui se maintiennent ponctuellement en plein XVIIe siècle. Ces réminiscences médiévales sont principalement le larmier ainsi que l’amortissement dit "en congé" des angles biseautés. Si ce dernier motif va rapidement disparaître (sauf exceptions), le traditionnel larmier résiste mieux mais en s’adaptant, puisqu’il acquiert désormais une terminaison involutée, premier timide signe baroque. Les premières manifestations de ce type d’ornement remontent au milieu du XVIIe siècle environ. Puis, petit à petit, les impostes et la clé vont prendre du relief, et s’orner de moulures plus ou moins sophistiquées, plus ou moins profondément creusées. L’oculus fait son apparition : il surmonte l’entrée proprement dite du logis, dont il éclaire le vestibule. Son pourtour, qui peut être lui aussi cerné d’un larmier, devient prétexte à décoration ; le motif en ailerons à volutes savamment déliées est caractéristique. D’une manière générale, le relief va croisant et capte la lumière. Progressivement, le larmier de la porte, initialement cintré, se raidit. L’arc extérieur se redresse pour former une corniche horizontale, plus stricte. Désormais, l’oculus fait plus corps avec l’ensemble ; il flotte moins pour ainsi dire.

Entrée des logis XVII 

A partir du milieu du XVIIIe siècle

C’est vers une fusion de la porte et de l’oculus que l’on se dirige. Insensiblement, le jour supérieur entre sous la corniche pour constituer la baie d’imposte. Par ailleurs, le pourtour de la porte devient quadrangulaire, s’étire et se verticalise. Le linteau est volontiers droit, ou intradossé, tandis que les piédroits tendent à devenir rectilignes. A l’ancienne corniche se substitue une simple traverse. Les motifs baroques s’estompent tandis qu’une sensibilité Louis XVI préfigurant le classicisme s’affirme. Ultérieurement encore (à partir de 1780), cette traverse disparaît au profit d’un vantail intégrant une prise de lumière qui demeure toutefois fixe.

Entrée des logis milieu XVIIIe

AU XIXe siècle

Rétif à la fantaisie "excessive" des créations antérieures, le XIXe siècle privilégie une production de pourtours de porte plutôt "rigides", régularisés et extrêmement simplifiés : piédroits et linteau se réunissent pour composer une trouée rectangulaire strictement fonctionnelle. Bien souvent, elle s’aligne sur le nu de la muraille. Mais dans les édifices plus prestigieux, leur graphie s’enrichit et multiplie les motifs typiquement néoclassiques : pointes de diamant, piastres, faisceaux et autres denticules constituent leur vocabulaire basique, empreint d’un esprit Louis XVI encore bien vivace.

Utilisation du calcaire

Simultanément à ces réalisations en pierre blanche existent quelques tours de porte en calcaire de Meuse, qui présentent une "grammaire" différente. De fait, très souvent leurs éléments constitutifs sont de grandes pièces monolithiques, contrairement à la superposition de petits blocs qui est inévitable pour la pierre de Gobertange. Le travail décoratif qui y est appliqué peut être, ici aussi, extrêmement décoratif.


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  L'entrée des Logis Hesbignons

 

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