Les fermes en quadrilatère

Combinaison entre impératifs fonctionnels... et souci de prestige


                                   ferme hesbaye brabanconne



Morphologie du complexe bâti

Sous l’angle bâti, parmi ces fermes d’origine médiévale, rares sont celles qui survivent dans leur physionomie initiale, ne serait-ce que partiellement. Car au fil du temps, l’immense majorité de ces constructions fut modernisée, principalement au XVIIIe s., non sans maintenir ici ou là quelques murailles anciennes, voire un bâtiment entier ayant résisté aux siècles précédents.
Architecturalement, le XVIIIe s. apparaît donc comme un âge d’or. Les témoins issus de cette période sont légion, qu’ils siègent au milieu de leurs terres, ou qu’ils soient assimilés au village.

L’agencement architectural de ces fermes demeure sensiblement invariable, du moins dans les grandes lignes. Théoriquement, toutes additionnent une série de bâtiments aux fonctions individualisées - logis, stabulation et remisage -, articulés en un certain nombre d’ailes définissant une cour polygonale. Son expression la plus aboutie serait la ferme de Wahenges sous L’Ecluse, pour n’en citer qu’une et non des moindres. Mais il arrive aussi que cette régularité "idéale" soit mise à mal, du fait d’un chantier laborieux ou au contraire, du fait de l’essor très rapide du chantier entraînant des agrandissements ou enfin, en raison d’une topographie difficile du site.
Le périmètre bâti apparaît dès lors plus "désarticulé" comme à la Grande Risbart. Mais statistiquement, le quadrilatère régulier est nettement mieux représenté.


Composition des ailes

Parmi les éléments qui structurent les différentes ailes de la cense traditionnelle, deux sont emblématiques du quadrilatère hesbignon : le porche, altier, qui marque l’entrée principale et officielle au complexe agricole ainsi que la grange, volume caractéristique d’une région à vocation céréalière. Ce dernier mobilise volontiers une aile entière de la ferme. Tous deux ont des gabarits qui, quasi systématiquement, émergent nettement sur le faîte des bâtiments voisins : la grange certainement, le porche moins mais ce dernier rivalise avec les constructions environnantes par ses attributs particuliers. Leur impact visuel, et symbolique, est primordial.

A l’instar de la grange, le logis constitue lui aussi bien souvent la totalité d’une des ailes, positionné fréquemment face à l’entrée principale du porche. Ainsi les visiteurs peuvent immédiatement mesurer, par la qualité de l’habitation, la richesse ou le rang du propriétaire.

Parmi ces signes distinctifs, l’entrée du logis s’affiche comme un lieu privilégié : l’inscription d’une tour de porte "dans l’air du temps" - bien souvent d’influence baroque - garantit le prestige de la façade. Traditionnellement au XVIIIe s., l’élévation est à un niveau : le logis de la ferme de la Chise à Piétrebais (1735) constitue un bel exemple du genre.

Enfin, les diverses dépendances destinées au bétail - vacheries, écuries, porcheries et bergeries -, ou au matériel - se partagent la dernière aile. Elles peuvent parfois cependant environner le porche ou compléter occasionnellement l’aile du logis ou de la grange.

Un fournil, intégré aux bâtiments précités, comme par exemple à la ferme d’Awans à Sart-Mélin ou de Wahenges sous L’Ecluse, ou au contraire isolé derrière le logis, comme à la Grande Cense à Sart-Risbart, complète l’équipement logistique du complexe. Enfin, un puits, souvent disparu, ou plus tardivement une pompe, hors service aujourd’hui, s’arrime contre un des bâtiments ou trône au milieu du quadrilatère. Il en existe encore à la Grande Ferme d’Orp-le-Petit ou aux fermes de la Féculerie à Jandrain et du Grand Haquedeau à Roux-Miroir, à titre d’exemple.


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  Fermes en quadrilatère

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