Argile à bâtir

Les riches terres hesbignonnes. 
Réservoir d’argile "à bâtir"

Si la pierre est largement mise à contribution pour la construction, elle partage fréquemment son emploi avec la terre, sous différentes formes : glaise crue pour le torchis qui remplissait les colombages de jadis, argile cuite - dite "dièle" - pour la fabrication des briques bien sûr, mais aussi des tuiles.

De l’argile en quantité pour la confection de briques...

Plusieurs argilières ont existé sur le territoire, localisées à Orp, à Marilles, Nodrenge ou à Enines dont une était d’importance à proximité du lieu-dit "l’Epinette", principalement boisé aujourd’hui. Mais les fosses d’extraction s’y lisent toujours aisément. 
De nombreuses autorisations d’exploiter ont été délivrées aux habitants pour l’exploitation de briqueteries temporaires qui ont été à l’origine de petites fabriques artisanales et saisonnières (à Huppaye mais aussi ailleurs, comme à Geest-Gérompont) avant que cette production limitée s’amplifie et s’industrialise.

La brique
Mise en oeuvre de la brique

Bien souvent, les maçonneries de briques se conforment à un type d’appareillage particulier, qualifié de "losange wallon". Il consiste en l’empilement de rangs alternés de boutisses (petits côtés) et de panneresses (grands côtés), où s’alignent les joints verticaux des premières uniquement, tandis que se déboite en quinconce la disposition des secondes. Le dessin obtenu est ce losange caractéristique de nos régions.

... et la fabrication des tuiles

Outre la confection de briques, l’argile a servi à la fabrication de tuiles, principal matériau de couverture avec l’ardoise, habituellement réservée aux bâtiments privilégiés. Celles qui recouvrent habituellement les toitures de nos régions - dites "pannes" - ont une forme en "S", spécialement profilée pour garantir un emboîtement optimal. 
Plusieurs tuileries ont prospéré dans la région dès le milieu du XIXe siècle, à Marilles, Enines, Jauche ou Orp-le-Grand. Cette production n’y est d’ailleurs pas neuve puisque des fouilles anciennes ont mis au jour des substructions de fours de tuiliers gallo-romains, à Marilles, au lieu-dit "Terre aux Pannes" (Mossembais). Presque toutes péricliteront à partir de 1930 environ, subissant la trop forte concurrence des tuileries mécaniques, en pleine expansion. 
Habituellement rouges, les tuiles pouvaient être colorées en bleu ou noir argenté, par la combustion de sapin ou de peupliers. A l’instar des briques, cette bichromie a occasionnellement permis l’inscription de millésimes ou le dessin de figures géométriques sur les pentes de toiture.

La tuileMise en œuvre des tuiles

Les bâtiments sont coiffés le plus souvent d’une simple toiture en bâtière, sans complication excessive. Seul le porche bénéficie d’un traitement plus raffiné et, à l’occasion, des croupettes brisent l’extrémité des pignons de certaines granges. Au fil du temps, l’obliquité des pentes va progressivement diminuer : au XVIIe s., les versants sont inclinés à 55° environ - voire 60° - mais diminuent entre 45° et 50° pour le XVIIIe s. pour chuter entre 30° et 35° au XIXe s... Il s’agit d’inclinaisons théoriques mais qui reflètent toutefois un réel affaissement des toitures, les siècles passant.

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 Argile (détails)

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